Alindao : La Commission Episcopale pour les Migrants et les Réfugiés (CEMIR) et Caritas aux côtés des enfants déplacés et non scolarisés

Le conflit militaro-politique qui a affecté et continue encore d’affecter la Centrafrique a des conséquences néfastes et multidimensionnelles. En effet, toutes les préfectures (16) de la République Centrafricaine ont été touchées par ce conflit armé.

Le diocèse d’Alindao qui couvre toute la préfecture de la Basse-Kotto et avec une forte densité de populations, fait partie des diocèses les plus durement affectés par cette crise militaro-politique. En effet, les groupes armés ont investi les six (06) sous-préfectures de la Basse-Kotto depuis 2012 jusqu’aujourd’hui. L’insécurité créée par ces groupes armés a contraint une bonne partie de la population du diocèse d’Alindao à se regrouper sur des sites de déplacés. Ce regroupement massif de la population sur les sites a entrainé des conséquences négatives sur les plans sanitaire, religieux, alimentaire, éducationnel, relationnel, etc. De fait, à cause de la guerre, des familles entières sont décimées, certaines ont tout perdu leurs biens, le nombre de veuves, veufs et orphelins a augmenté. C’est dans cette optique que la Commission Episcopale pour les Migrants et les Réfugiés (CEMIR) en partenariat avec la Caritas diocésaine d’Alindao, a volé à la rescousse des enfants déplacés et orphelins non scolarisés d’Alindao pour leur donner la possibilité de bénéficier de l’éducation scolaire comme les autres enfants du monde entier.

Pour prévenir les cas d’enrôlement d’enfants soldats dans les groupes armés et la réduction de la délinquance juvénile, la CEMIR par le biais de la Caritas Diocésaine d’Alindao s’est fait le devoir d’identifier plus d’une centaine d’enfants (surtout les filles) déplacés vivant sur le site de l’Eglise Catholique du Diocèse d’Alindao, de les doter en kits scolaires (sacs à dos, stylos, cahiers, ardoises, etc.), de les inscrire à l’école et d’honorer aussi les frais d’assurance et d’examens de certains orphelins déplacés en difficultés (manque de soutiens de la part de leurs tuteurs).

Comme dit le prophète Osée : « Mon peuple meurt faute de connaissance » Cf. Os 4, 6, pour éviter au pays et à l’Eglise de potentiels et futurs fossoyeurs de la paix, nous devons mettre un accent particulier sur l’éducation des jeunes et surtout leur donner la possibilité de savoir lire et écrire afin de les mettre en abri du fanatisme religieux, du mimétisme servile, de l’enrôlement dans les groupes armés. Et c’est ce qui justifie le mobile d’actions de la CEMIR et de la Caritas en faveur de ces enfants déplacés d’Alindao.

En dépit de nos moyens très limités pour l’heure, nous avons constaté que cette activité de scolarisation des enfants est très appréciée par les déplacés d’Alindao en général ; et ces derniers ont souhaité un élargissement de ce projet à tous les enfants non scolarisés des quatre (04) sites des déplacés d’Alindao.

 

Abbé Donald NDOUA NOAZI, SED Caritas Diocésaine

Alindao, 03 mai 2021