Appui à l’équipe presbytérale de Obo dans l’Identification des besoins les plus urgents des déplacés nouvellement arrivés sur le site de la Paroisse les martyrs de l’Ouganda

Obo est l’une des villes de la Centrafrique située à l’extrême Est du pays à 1300km de la capitale centrafricaine. La ville d’Obo est une ville enclavée dans un pays enclavé. Depuis 2008, elle a été victime de plusieurs atrocités provenant de plusieurs groupes armés de fois non identifiés ; tels que la LRA, les rebelles soudanais, des éléments de UPC et tant d’autres groupes informels.

Depuis quelques mois, une nouvelle troupe des UPC est arrivée à Mboki (début du mois de mars). Le commandant en chef de cette bande a commencé à manifester publiquement son intention d’envahir la ville d’Obo qui, à en croire à lui, constitue un écueil dans son aire de commandement. En effet ; pour que ces derniers se rendent à Bambouti, une autre Sous-préfecture à la frontière du Soudan du Sud contrôlée par les UPC, ils doivent contourner Obo où se trouvent les forces nationales de défense.

Vers la fin du mois d’avril, il y’a eu une relève des éléments de UPC à Bambouti. Au lieu de rentrer directement à Mboki où se trouve leur haut commandement, la vingtaine d’éléments relevés de Bambouti a fait le tour de la ville d’Obo d’abord pour raquetter les pauvres éleveurs peulhs et ensuite, faire un pied de nez aux forces de défense centrafricaines en abrégé FACA.

Le vendredi 08, ils se sont fixés à 12 km de la ville d’Obo à proximité de l’ancien aérodrome national sur la route de Mboki-Zemio. Ils ont pris en otage deux chasseurs qu’ils ont trouvés sur leur passage. Ils ont alors contraint et envoyé un des chasseurs avec un message fort aux Faca : « si vous êtes des hommes, venez nous trouver en dehors de la ville ». Le commandant des Faca, a pris cette menace au sérieux et il s’est rendu chez le préfet pour avoir conduite à tenir et épargner la population de tout danger. Mais devant la persistance de la menace, il a ordonné à une unité de combat pour aller les neutraliser. C’est ce qui fut fait dans la fin de la matinée du samedi le 9 mai. La perte des éléments de l’UPC a été alors un alibi qui allait justifier l’assaut sur la ville d’Obo. Suivant les informations qui nous parvenaient de Zémio et Mboki, les combattants UPC ont afflué de tous les coins du Haut-Mbomou où se trouve la présence de l’UPC et pire encore, ils ont aussi pactisé avec la redoutable LRA, groupe à élan et relent terroristes qui a semé la mort, la panique et la désolation dans la sous-région depuis 12 ans. Si aujourd’hui les gens ont autant peur, il faut alors comprendre que seul le nom de la LRA suffit pour que la population soit suffisamment traumatisée.

Toutes les tentatives initiées par le préfet et le Comité Local de Paix et de Réconciliation n’ont accouché d’une souris. La dernière rencontre avec la communauté musulmane eut lieu le mardi 19 mai dans le quartier arabe de 11 heures à 13 heures en présence du préfet, du maire, de la cheffe du bureau de la MINUSCA et de beaucoup d’autres suites. Grande était alors notre de surprise de voir le déferlement des rebelles sur la ville d’Obo le mercredi 20 mai à 6H du matin. Hélas, la bonne volonté ne suffit toujours pas pour endiguer les élans belliqueux et pour protéger la pauvre population du Haut-Mbomou qui n’a que trop souffert.

Rappelant que la ville d’Obo, en sus de son enclavement, reste l’une des villes de la RCA la plus chère car, on y trouve beaucoup de déplacés qui ont fui leur village à cause des exactions de la LRA, beaucoup de réfugiés congolais et sud soudanais. Les cultivateurs n’arrivent plus à aller cultiver les terres arables au-delà de 10 km de la ville à cause des mesures de sécurité imposées par les circonstances des choses. Et le ravitaillement de la ville n’est jamais évident à cause de son enclavement.

Cette crise a fait « déplacer des déplacés » : ceux de jadis de Zémio, Mboki et des villages environnants, plus de 12000 personnes déplacées ou du moins en instance de déplacement. Selon la première indentification 6200 personnes sur le site de l’Eglise catholique et le reste dans les familles d’accueil. Les femmes et les enfants victimes de ce conflit vivent dans des conditions précaires et très déplorables. Cette période de la saison de pluie augmente le risque et le danger de toutes ces personnes déplacées. Exposées à plusieurs maladies (paludisme, fièvre, les vers intestinaux), ces personnes vulnérables vivent sans un soutien médical non approprié.